Conséquences de l'obésité

Les dernières projections de l’OMS indiquent qu’au moins un adulte sur trois dans le monde souffre de surcharge pondérale et que près d’un sur 10 est obèse. Il y a en outre plus de 40 millions d’enfants de moins de cinq ans qui ont un poids excessif.
La surcharge pondérale et l’obésité peuvent avoir des conséquences graves pour la santé. La graisse superflue peut notamment provoquer :

• Des maladies cardiovasculaires (essentiellement cardiopathies et accidents vasculaires),
• Le diabète de type 2,
• Des troubles musculo-articulaires tels que l’ostéoarthrite,
• Certains cancers (de l’endomètre, du sein et du colon).

Ces maladies provoquent des décès prématurés et une incapacité importante.
Ce qui n’est pas assez connu, c’est que le risque de connaître des problèmes de santé commence dès l’apparition d’une surcharge pondérale même très légère et qu’il augmente avec le poids. Nombre de ces problèmes de santé engendrent de longues souffrances pour les personnes qui en sont atteintes et pour leurs familles. En outre, les coûts peuvent être très élevés pour le système de santé.
Heureusement, l’excès de poids et l’obésité sont largement évitables. La clé du succès réside dans l’atteinte d’un équilibre entre les calories consommées et les calories dépensées.
Pour atteindre cet objectif, chacun peut limiter sa consommation de graisses et délaisser les graisses saturées au profit de graisses insaturées; consommer davantage de fruits et de légumes, ainsi que de légumineuses, de céréales complètes et de noix, et limiter la consommation de sucre. Et pour dépenser davantage de calories il suffit d’augmenter son activité physique – au moins 30 minutes d’exercice régulier et d’intensité modérée le plus souvent possible.

L’arthrose du genou ou gonarthrose est l’atteinte la plus fréquente, suivie par l’arthrose de la hanche ou coxarthrose.

La pose de prothèses totales de hanches ou de genou est statistiquement plus fréquente chez les patients obèses.

La souffrance articulaire est nettement réduite par la perte de poids et tout particulièrement quand celle-ci est importante après chirurgie bariatrique.

L’obésité favorise aussi les lombalgies et les lombosciatiques d’origine discale. Les lombalgies chroniques atteignent près da la moitié des personnes obèses.

L’augmentation des risques pour la santé de l’obésité voire de mortalité est liée, en grande partie, aux conséquences cardiovasculaires de l’obésité.

Celles-ci sont fréquentes : hypertension artérielle, insuffisance coronarienne, hypertrophie ventriculaire gauche (HVG), accidents vasculaires cérébraux, thromboses veineuses profondes, embolie pulmonaire, insuffisance cardiaque.

Ces complications sont fonction de la sévérité de l’obésité, de la répartition du tissu adipeux, de la présence d’autres facteurs de risque cardio-vasculaire (anomalies lipidiques, diabète, tabagisme…) ou d’un syndrome d’apnée du sommeil et de la sédentarité.

La prise en charge doit être multifactorielle par le traitement de l’obésité et des pathologies associées. L’arrêt du tabac est également un facteur important.

Les complications métaboliques sont présentes chez plus de la moitié des patients obèses.

La résistance à l’insuline c’est-à-dire la diminution de la sensibilité des cellules de l’organisme à l’insuline est d’autant plus importante que l’indice de masse corporelle ou IMC est élevée.

Le syndrome métabolique est très lié à l’insulino-résistance et à l’obésité abdominale.

Il se définit comme l’association de l’obésité ou du surpoids abdominal et de deux autres critères ou plus parmi : élévation des triglycérides, baisse du HDL cholestérol (bon cholestérol), tension artérielle augmentée, glycémie au dessus de 1 g/l.

Ce syndrome est associé à un risque cardiovasculaire plus élevé et au risque de diabète.

L’hypertriglycéridémie et la baisse du HDL, l’élévation de l’acide urique et la goutte sont des complications possibles de l’obésité.

Le diabète de type 2 est 5 fois plus fréquent chez des personnes obèses que les personnes de poids normal.

Le retentissement respiratoire de l’obésité participe nettement à la gêne quotidienne chez une personne obèse. Plusieurs complications sont possibles :

– La dyspnée d’effort, c’est-à-dire un essoufflement important à l’effort.

– Le  syndrome restrictif,  qui correspond à une limitation de l’expansion thoraco-pulmonaire aboutissant à une diminution du volume pulmonaire.

– Le syndrome d’apnées du sommeil (SAS) ou syndrome d’apnées-hypopnées du sommeil est présent chez plus de la moitié des patients présentant une obésité grade III ( IMC > 40kg/m2). Il est dépisté facilement par un enregistrement nocturne du sommeil qui montrera de fréquentes pauses respiratoires nocturnes perturbant la qualité du sommeil. La conséquence en sera une fatigue quotidienne voire des somnolences en cas d’inactivité.

– Le syndrome obésité-hypoventilation anciennement appelé syndrome de Pickwick toucherait 10% des personnes en obésité sévère. Il correspond à une présence excessive de gaz carbonique dans le sang entrainant une insuffisance respiratoire.

– L’asthme est aussi plus fréquent chez le sujet obèse.

Les problèmes de fertilité liés à l’obésité :

Les femmes obèses sont plus exposées aux troubles de la fertilité, souvent dus à une anomalie de l’ovulation. Elles font de ce fait plus souvent appel à l’assistance médicalisée à la procréation en suivant un traitement pour stimuler les ovaires, qui sont eux-mêmes moins efficaces en cas de trop grande surcharge pondérale. Un surpoids important risque donc d’augmenter le délai de conception d’un bébé.

Réduire la surcharge pondérale favorise l’ovulation, augmente la fertilité et diminue le risque de complications lors d’une grossesse à venir : cet objectif est primordial !

Une prise en charge médicale de l’obésité est recommandée avant toute grossesse et tentative de traitement de la stérilité.

L’accouchement :

L’accouchement chez les femmes obèses peut être un peu plus long et pénible, car le déclenchement du travail est plus difficile. La probabilité de césariennes chez les femmes obèses est aussi plus importante que la pour la moyenne des femmes avec un poids normal.

En cas d’intervention de chirurgie bariatrique :

Certaines patientes bénéficient d’une opération de chirurgie bariatrique afin de réduire leur obésité et favoriser l’ovulation.

Attention, la grossesse ne pourra s’envisager que 12 à 18 mois après l’opération, car une grossesse trop rapprochée de la chirurgie pourra être néfaste pour la future maman et son bébé. C’est pourquoi, avant l’opération, les médecins recommandent une contraception efficace et adaptée à la vie des patientes.

En plus des diverses conséquences « médicales » sur la santé, l’obésité a des conséquences psychosociales importantes.

De nos jours, la personne obèse est « mal perçue » par la société qui possède un stéréotype négatif de la personne obèse « ce sont des personnes paresseuses, faibles, incapables de se contrôler, responsables de leurs situations ». Les descriptions faites des personnes obèses dans les médias peuvent entretenir les stéréotypes négatifs et la stigmatisation.

Les personnes en surpoids et/ou obésité sont très souvent victime de stigmatisation, de préjugés et de discriminations à cause de leur poids. Ces stigmatisations ont lieu à l’école, au travail, au sport, voir même au sein de l’entourage familiale…Cela peut prendre différentes formes : des commentaires verbaux inappropriées, des jugements, une exclusion sociale et parfois de l’agression physique.

Ces stigmatisations peuvent avoir des conséquences psychologiques considérables, qui tendent à entretenir l’obésité :

  • Baisse de l’estime de soi
  • Image négative de son corps
  • Risque accru de dépression
  • Sentiment d’exclusion sociale