Chirurgie générale et digestive

On distingue principalement deux types de pathologie de la paroi abdominale, les hernies et les éventrations :

Les hernies

On appelle hernie l’issue d’un viscère, entouré du péritoine, à travers un orifice naturel anormalement élargi. Parmi les plus fréquentes, on distingue les hernies inguinales, les hernies ombilicales, les hernies crurales et les hernies de la ligne blanche. D’autres hernies sont plus rares, comme les hernies de spiegel et les hernies obturatrices.

Elles se présentent habituellement sous la forme d’une voussure, une grosseur sous la peau, réductible et rarement douloureuse. Leur évolution naturelle est d’augmenter de taille, de devenir gênante mais elle peuvent aussi se compliquer de façon aigüe. C’est la complication la plus redoutée, appelée étranglement. Elle nécessite une intervention chirurgicale en urgence (dans les 6h) pour espérer préserver la vitalité de l’organe étranglé.

Il est donc recommandé de réparer ces hernies avant le stade de complication. Il existe plusieurs façons d’intervenir et de réparer une hernie, en fonction du type de hernie, de sa taille mais aussi des caractéristiques du patient (son âge, ses antécédents…) et du type d’anesthésie souhaité.

Les cures de hernies sont fréquemment réalisées sous coelioscopique avec un renforcement de la paroi par une prothèse, au cours d’une hospitalisation de quelques heures (ambulatoire).

Les éventrations

On appelle éventration l’issue d’un viscère, entouré du péritoine, à travers une ancienne incision chirurgicale. Elles peuvent donc être de siège et de taille variable. Elles entrainent fréquemment une gêne ou des douleurs, augmentent progressivement de taille jusqu’à devenir disgracieuses ou invalidantes et peuvent elles aussi s’étrangler.

Il est fortement recommandé de les réparer. Dans la majorité des cas, il est nécessaire de renforcer la paroi par une prothèse pour diminuer le risque de récidive.

Ces interventions peuvent être complexes, source de complication (hématomes…) et sont souvent réalisées par laparotomie (en « ouvrant » le ventre) du fait de la taille de l’éventration. Elles nécessitent le plus souvent une hospitalisation de quelques jours.

Les chirurgiens digestifs de l’IOCP sont issus de centres experts en chirurgie pariétale et sauront vous conseiller les techniques plus adaptées à votre cas.

La vésicule biliaire est un petit « sac » appendu sous le foie, raccordé au canal cholédoque par un petit canal (canal cystique) et dont le rôle est de stocker entre les repas la bile produite par le foie. Au moment des repas, elle se contracte et expulse la bile dans le début de l’intestin (duodénum). La bile aide à la digestion des graisses.

La vésicule est fréquemment le siège de calculs. Ils sont fabriqués dans celle-ci, leur origine est le plus souvent alimentaire (excès de graisses animales…) et parfois génétique (drépanocytose…).

Si leur présence seule dans la vésicule n’est pas une indication opératoire (ils sont souvent découvert par hasard lors de la réalisation d’une échographie), en revanche, dès qu’ils commencent à être symptomatiques (douleurs) et à plus forte raison en cas de complication (cholécystite, pancréatite aigüe…), il est impératif de la retirer pour éviter une complication qui parfois peut être gravissime (allant jusqu’au décès).

Il existe d’autres indications à retirer la vésicule biliaire, plus rares comme la découverte de polypes dans la vésicule ou l’existence d’une vésicule calcifiée (vésicule porcelaine, à risque de cancérisation).

Cette intervention, appelée cholécystectomie, s’effectue dans la très grande majorité des cas sous cœlioscopie et le plus souvent en ambulatoire.

Il n’y a habituellement pas de conséquence à vivre sans vésicule biliaire et pas de régime alimentaire après cette opération.

On peut néanmoins voir de temps en temps une accélération du transit, le plus souvent transitoire (diarrhée) ou un dégout pour certains aliments.

Il existe de nombreuses pathologies de la région anale, entrainant parfois des symptômes identiques mais nécessitant un traitement différent. L’examen proctologique en consultation permet souvent d’orienter le diagnostic mais parfois, en raison de douleurs, seul un examen au bloc opératoire sous anesthésie générale permettra d’affirmer l’origine du problème.

Hémorroïdes

Pathologie fréquente, relevant souvent d’un simple traitement médical, elle peut devenir invalidante (crises douloureuses fréquentes, hémorragies, extériorisation permanente…) et nécessiter un traitement chirurgical.

Il existe de multiples interventions possibles, les plus fréquemment réalisées sont l’hémorroïdopéxie selon la technique de Longo et la résection des paquets hémorroïdaires, technique de Milligan et Morgan.

Il s’agit d’une chirurgie qui a plutôt mauvaise presse auprès des patients du fait des douleurs post opératoires.

Aujourd’hui, réalisées par des chirurgiens habitués, encadrées par une analgésie renforcée, elle est néanmoins réalisée couramment en ambulatoire avec de très bons résultats, que ce soit pour les symptômes de la maladie ou les douleurs post opératoires.

Fissure anale

Il s’agit d’une pathologie là encore fréquente, entrainant des douleurs à type de brulures après les selles, parfois pendant plusieurs heures. Elle guérie le plus souvent avec un traitement local et des laxatifs. En cas de chronicisation, elle peut nécessiter une petite intervention chirurgicale, réalisée en ambulatoire, là encore sous couvert d’une analgésie renforcée.

Abcès de la marge anale et fistules anales

Le premier est habituellement la conséquence du second. Pathologie fréquente, souvent simple mais parfois complexe et s’intégrant dans une maladie plus diffuse (maladie de crohn…), elle nécessite une exploration au bloc opératoire sous anesthésie générale. Cet examen permet la recherche du ou des trajets fistuleux et leur traitement. Ce traitement peut être réalisé en un temps ou en plusieurs temps selon la complexité de la fistule.

Condylomes

Il s’agit d’une lésion d’origine virale (papillomavirus), sexuellement transmissible, de petite taille, ressemblant à une verrue ou parfois plus volumineuse et appelée vulgairement « crête de coq ». Les condylomes sont la plupart du temps multiples, se développent sur la marge anale et dans le canal anal. Il est indispensable de les retirer ou les détruire car ils peuvent dégénérer et entrainer un cancer de l’anus.

Il faut rechercher la présence de condylome sur la verge ou la vulve dans le même temps et penser à examiner le partenaire.

Autres lésions

Il existe d’autres lésions bénignes de la région anales pouvant nécessiter une exérèse, comme des marisques (excès de peau apparaissant après une poussée d’hémorroïde) un polype hémorroïdaire (bout de chair dans le canal anal, pouvant s’extérioriser lors des selles)…

Urgence chirurgicale fréquente, le plus souvent bénigne si elle est prise en charge rapidement et correctement, l’appendicite est une infection de l’appendice vermiforme (petit reliquat intestinal localisé à la base du caecum) donnant des douleurs abdominales en fosse iliaque droite. Son traitement consiste à retirer l’appendice infecté et nettoyer la région souillée. Cette opération s’effectue le plus souvent sous cœlioscopie ce qui permet de diminuer le risque d’abcès sur la cicatrice et le temps d’hospitalisation.

Il existe d’autres pathologies rares de l’appendice nécessitant une prise en charge particulière que nous ne détaillerons pas ici.

Le colon et le rectum représentent la partie terminale du tube digestif. Ils peuvent être le siège de maladies pouvant nécessiter une opération.

Maladie diverticulaire

Le colon est fréquemment le siège de diverticules. Il s’agit de petites hernies de la muqueuse colique passant à travers le muscle du colon (comme une chambre à air à travers un pneu). Ces diverticules représentent des zones de fragilité qui peuvent s’infecter (diverticulite). Si le traitement d’une diverticulite est le plus souvent médical, il arrive que l’on soit amené à proposer de retirer le segment colique malade (en cas de complication, perforation, sténose…).

Cette opération appelée colectomie est le plus souvent réalisée sous cœlioscopie afin de diminuer les douleurs post opératoires, les complications et permettre un retour au domicile plus rapide.

Le risque d’avoir une « poche » (stomie) est faible dans cette pathologie et le plus souvent temporaire. Il est le fait de complications post opératoires en rapport avec un défaut de cicatrisation au niveau de la « couture » entre les deux segments intestinaux raccordés (anastomose). Ce risque de complication est augmenté en cas de tabagisme, maladie cardio-vasculaire, diabète…

Polypes

Il arrive que l’on découvre lors d’une coloscopie un polype du colon ou du rectum trop volumineux pour qu’il soit retiré lors de la coloscopie. Suivant le siège du polype, il peut être retiré en ouvrant le colon (colotomie cœlio assistée) ou par l’anus (chirurgie trans anale) s’il s’agit d’un polype rectal.

On demande alors au gastroentérologue de marquer le polype avec un colorant lors de la coloscopie pour nous aider à le localiser lors de la cœlioscopie.

Prolapsus rectal et rectocèle

il s’agit soit de l’extériorisation du rectum par l’anus (prolapsus rectal), soit de l’affaissement de la paroi vaginale postérieure et bombement du rectum dans le vagin (rectocèle). Ces pathologies peuvent être traitées chirurgicalement en « retendant le rectum » et en le fixant au promontoire (jonction entre le sacrum et la dernière vertèbre lombaire) grâce à des bandelettes prothétiques. Cette opération (promontofixation) s’effectue le plus souvent par cœlioscopie.

A noter que ces pathologies s’associent fréquemment à d’autres troubles de la statique pelvienne (comme l’incontinence urinaire d’effort) et peuvent nécessiter une prise en charge pluridisciplinaire (urologue, gynécologue)

Tous les organes de la cavité abdominale peuvent être le siège de cancer. Le cancer digestif le plus fréquent est le cancer colo-rectal.

La prise en charge d’un cancer s’effectue au sein d’une équipe pluridisciplinaire (chirurgiens, cancérologues, radiologues…), les cas sont obligatoirement discutés en RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire) en pré opératoire et post opératoire et le traitement s’effectue au sein d’un établissement ayant les autorisations requises.

Cette chirurgie peut s’effectuer par cœlioscopie en cas de tumeur localisée, par un opérateur entrainé à ce type d’intervention ou par laparotomie en cas de tumeur volumineuse, mal placée ou envahissant d’autres organes.

Il s’agit souvent d’une chirurgie lourde, avec des risques de complication fréquents et pouvant nécessiter une hospitalisation temporaire en unité de soin intensif ou en réanimation.

Publié le 10/08/2016